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28.03.19 – Suite de l’instruction de la prévention de viol et accusations réciproques de subordination de témoins

Au terme de l’acte d’accusation, Cheka est poursuivi pour avoir conseillé ou encouragé ses éléments d’aller se ravitailler à Luvungi sachant que ceux-ci étaient susceptibles de commettre des viols sur la population de cette localité.

Cheka a soutenu pour sa défense que cette accusation était absurde et qu’il ne pourrait jamais encourager qui que ce soit à aller violer les femmes de son propre village. Son avocat a renchéri en affirmant que le ministère public n’avait présenté aucune preuve de ces allégations. Si le commandant Sadiki avait violé à Luvungi ou à Kembe, cela ne prouverait en rien que ce soit Cheka qui lui aurait donné cet ordre.

Faisant venir à la barre le prévenu Zitonda alias Lionceau, la Cour a demandé au prévenu Cheka s’il pouvait confirmer qu’il le connaissait. Cheka a confirmé que Lionceau était bel et bien le commandant FDLR, ajoutant que toute la population de Walikale était en mesure de l’identifier.

Selon le Ministère public, Cheka aurait donné l’ordre à Sadiki et à Zitonda d’aller se ravitailler à Kembe et Sadiki. Conscients de l’utilisation du viol comme arme de guerre par les FDLR, Cheka aurait aurait préféré qu’ils aillent à Luvungi plutôt que dans son propre village (Kembe). C’est aussi par vengeance que Cheka aurait livré Sadiki aux autorités congolaises.

Les avocats des parties civiles ont ensuite remis en cause l’idée selon laquelle Cheka serait perçu comme le leader de Walikale par la population locale, arguant que cette dernière avait surtout peur de Cheka, du fait de la campagne d’intimidation permanente menée par les éléments sous son contrôle.

La suite de l’audience a porté sur des tentatives alléguées d’intimidation de témoins. Le ministère public a dit avoir reçu de la compagnie de télécommunication Airtel une confirmation que Cheka était entré en contact avec des victimes avant leur audition pour les intimider. Cheka a répondu en affirmant que son téléphone était sous surveillance et qu’il n’avait jamais appelé un des témoins à charge. Il a contre-attaqué en affirmant que de l’argent avait été remis aux témoins pour venir témoigner contre lui.

Pour le ministère public, de telles allégations sont graves et il lui faudra en apporter la preuve. Elles relèvent de la subordination de témoins, tout comme la tentative alléguée d’intimidation de témoins de la part du prévenu.

La Cour a renvoyé la cause à l’audience du 29 mars 2019.

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