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18.10.2019 – Septième audience

La Présidente a commencé par appeler les parties civiles et leurs avocats. Elle a ensuite appelé les accusés, parmi lesquels seuls Farhat Ben Aziz ALBOUCHI et Arbi Ben Béchir HAMDI étaient présents, et leurs avocats.

Le frère de la victime, Ridha Barakati, a réaffirmé que sa famille ne revendique pas en priorité des réparations, mais plutôt une révélation de la vérité. Il s’est plaint du manque de coopération de la part des accusés qui continuent à désavouer les faits malgré la pertinence des preuves dont le rapport du médecin légiste Moncef Hamdoun. Il a aussi demandé que la ville de Gâafour reconnaisse Barakati et sa famille comme martyrs en transformant par exemple le poste de police où la victime aurait été torturée en un centre de mémoire.

L’avocat de la partie civile a ensuite rappelé que le Procureur de la république avait qualifié l’homicide de volontaire, contrairement à ce qui avait été avancé auparavant par l’accusé Abderrahmane OUERGHUI. Il a demandé à la Présidente de décerner d’autres mandats d’amener aux autres accusés, y compris OUERGHUI, afin de confronter leur déclarations avec les déclarations des témoins et les anciennes déclarations des mêmes accusés. La Présidente a accepté de demander à la Chambre de décerner d’autres mandats d’amener, en dépit de l’état de santé lamentable de A. OUERGHI. Une autre avocate de la partie civile a ensuite demandé à la Présidente d’amener le gouverneur de Siliana, mais la Présidente a répliqué que la Chambre est tenue par l’acte d’accusation instruit par l’IVD.

L’avocat de la Défense a, de son coté, insisté sur le fait que son client coopère avec la justice transitionnelle et que les officiers de police au poste de Gâafour étaient les plus faibles personnes de la chaîne de torture et qu’ils auraient été eux-mêmes menacés de torture. Elle a par ailleurs demandé à la Présidente de garantir un minimum de protection aux accusés. Cette dernière a répliqué que le Tribunal est conscient de la nécessité d’assurer la sécurité et la protection de toutes les parties au procès, et qu’en l’état actuel des choses, les accusés bénéficient de mesures de protection plus importantes que les victimes et témoins.

Le tribunal a ensuite procédé à l’audition de l’accusé Arbi Ben Béchir HAMDI. HAMDI a affirmé qu’il était en arrêt de travail au moment des faits et il a confirmé la version des faits exposée par l’accusé ALBOUCHI lors de l’audience du 03.10.2018. Il a ajouté que Nabil BARAKATI était détenu dans une salle en face de celle réservée aux officiers de police, accroché entre deux chaises. Il a déclaré que le chef de police, en allant vérifier la salle, n’aurait pas trouvé Nabil BARAKATI et aurait commandé aux officiers d’aller le chercher.

Après cette audition, la Présidente a posé des questions à l’accusé sur la véritable possibilité d’une fuite de la part de N. BARAKATI selon ce récit, en tenant compte que la victime était accrochée entre deux chaises, que le chemin emprunté par elle l’aurait fait passer inéluctablement devant la salle privée des officiers et que la victime, en position du « poulet rôti » pendant des heures, aurait perdu la faculté de marcher. Pour conclure, la Présidente a précisé que le rapport du médecin légiste avait complètement réfuté la probabilité du suicide et certifié plutôt un homicide.

Les avocats de la Défense ont demandé enfin le report de l’audience pour que le certificat de décès de Zine el Abidine BEN ALI soit ajouté au dossier et pour préparer les mesures préparatoires.

La séance a été levée et reportée à une date ultérieure.

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