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13.07.2020 – Septième audience

Cette audience a porté principalement sur l’audition du prévenu Omar Ahdj Muhammad, qui a rejeté sa responsabilité et décrit le traitement réservé aux prisonniers d’opinion.

Lors de son audition, l’accusé a d’abord déclaré que le personnel pénitentiaire avait reçu la recommandation de traiter ces prisonniers à ‘statut particulier’ avec prudence, par peur qu’ils entament des grèves de la faim, et que tout agent provoquant les prisonniers était passible de sanctions disciplinaires. Il a continué en décrivant la pratique de l’isolement cellulaire (la taille et l’équipement des cellules, le protocole suivi pour la décision d’isolement) et en soulignant que la torture n’était pas une pratique systématique.

Il a toutefois déclaré avoir entendu parler de la mort de deux prisonniers. Un détenu aurait décédé suite à des actes de torture dans le centre de réforme de Saouef en 1980, fait qui aurait causé le licenciement et la condamne à 4 ans de prison du directeur de la prison, avec quatre agents (Fathi El Kaabi, Salem El Jammeli, Mouhammad El-Birini et Youssef El Hergli). Le deuxième détenu serait également mort à cause d’actes de torture à la prison du 9 avril.

L’accusé a conclu ses déclarations en soutenant de ne pas se souvenir de sa rencontre avec Jaidane durant son mandat à la prison du 9 avril ni de la lettre rédigée par la victime destinée au président de la République.

La Cour a ensuite donné la parole à l’avocat de la partie civile qui a posé des questions à l’accusé concernant les conditions de détention et les violations systématiques des droits des détenus reportés par les organisations internationales et par les témoins. L’accusé a déclaré ne pas être en mesure ni de nier ni de confirmer de telles violations, étant donné qu’il n’était pas responsable de haut niveau et à connaissance des actes de torture dans les prisons tunisiennes.

Un autre point de sa déclaration, contesté par l’avocat de la victime, a été le déni de l’accusé d’avoir jamais rencontré Jaidane. Ceci serait en effet en contradiction avec les déclarations de la victime, qui confirme sa connaissance de l’accusé et qui mentionne ce dernier parmi les agents l’ayant torturé à la prison du 9 avril (Samir Ayari et Belkacem Meloukhia).

Une fois conclue la confrontation entre accusé et partie civile, l’avocat de la victime a demandé d’entendre le témoignage de Habib Essid, directeur du cabinet du ministre de l’Intérieur. Cela a été reporté à la prochaine audience.

 

 

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