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06.02.2020 – Suite de l’instruction sur les assassinats commis à Binyampuri par le NDC

L’audience du 6 février a porté sur la suite de l’instruction de l’assassinat du colonel Cuma et du colonel Pilipili lors d’une embuscade à Binyampuri (Walikale) la nuit du 19 avril 2012, qui aurait été perpétrée par le Nduma Defense of Congo (NDC).

Le sergent Makelele et le lieutenant Nkulu, qui faisaient partie du cortège du colonel Cuma et qui ont été victimes de l’embuscade, se sont constitué parties civiles.

Lors de leur comparution, aucune mesure de protection a été mise en place par la Cour (usage de pseudonymes, dissimulation des visages, distorsion de voix, etc). Le prévenu a même déclaré à l’audience d’être en contact avec la partie civile Makelele. Quant à leur assistance, elle a été assurée de manière efficace par les avocats habituels des parties civiles dans ce procès.
Les parties civiles auditionnées par la Cour, elles ont déclaré que l’attaque aurait été perpétué par les éléments du NDC et qu’il aurait occasionné la mort des colonels Cuma et Pilipili, ainsi que de trois gardes du corps.

Après ce témoignage, et sous requête de la Défense, la Cour a accordé la parole au prévenu Cheka, qui s’est exprimé en toute liberté en swahili et en présence de son avocat. Ses déclarations ont été traduites en français par l’interprète.
Le prévenu a donné une version des faits contraire à celle des parties civiles. Il a soutenu que le NDC n’a jamais attaqué à Binyampuri, et que l’embuscade aurait été opérée par les militaires des FARDC. Pour asseoir sa défense, le prévenu Cheka a soutenu que les hommes qui ont attaqués le cortège du colonel Cuma étaient habillés en uniforme des FARDC et l’endroit où l’embuscade s’est produite était contrôlé par ces forces.

Le Ministère public a alors répliqué que le fait que les assaillants portaient la tenue des FARDC ne prouve pas qu’il s’agissait des militaires de la force régulière FARDC, les Mai Mai, les ADF et d’autres rebelles opérant toujours en tenues FARDC. Le prévenu lui-même a en effet à plus reprises soutenu, pendant le procès en cours, qu’il se rendait souvent à Goma pour s’approvisionner d’armes et tenues militaires et il a produit au cours d’une audience des photos de lui-même en tenue FARDC. Le Ministère public a conclu que les procès-verbaux qui gisent au dossier, ainsi que les déclarations des parties civiles, prouvent à suffisance que l’embuscade a été orchestrée par le NDC.

L’avocat de la République a enfin noté que, selon les procès-verbaux, les assaillants auraient assassiné le colonel Cuma et les autres mais aussi dépouillé ces personnes de leurs tenues, et que cela était le mode opératoire propre au NDC.

Après avoir entendu toutes les parties, la Cour a renvoyé la cause à l’audience du 07 février 2020.

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