Back to the trial

03.02.2020 – Sixième audience

Rached Jaidane et son avocat Maître Ghadhoun ont assisté à l’audience. Les accusés se sont présentés à la session, ils ont préféré rester derrière le paravent. La partie civile s’est aussi présentée et a confirmé ses déclarations. Maître Trifi est intervenu pour demander l’audition des témoins Mouhamed El Msedi et de Hassin El Hosni. La Cour a accueilli sa requête et les deux témoins ont déposé en audience.

Après avoir prêté serment et révélé son identité, le témoin Mouhamed El Msedi a d’abord déclaré ne pas avoir eu aucune relation ni affiliation avec le mouvement islamique ou le mouvement d’Ennahdha au moment des faits.

Il a ensuite affirmé que, après avoir rencontré Mohamed Barhoumi et d’autres tunisiens à Paris, le 29 juillet 1993 le colonel Abel Majid El Chaari et des forces de l’ordre en tenue civile auraient, au milieu de la nuit, pénétré dans son habitation à Tunis en demandant ses documents d’identité, et l’auraient ensuite conduit au ministère de l’Intérieur pour l’interroger sur sa relation avec le mouvement Ennadhda. En niant toute affiliation avec ce mouvement, il aurait été torturé au Ministère de l’Intérieur pendant 12 jours et donné des aveux infondés.

Le juge a posé des questions concernant l’endroit et les personnes chargées de sa torture.  Le témoin a répondu avoir été conduit quotidiennement dans une salle équipée pour la torture au deuxième étage du ministère de l’Intérieur, juxtaposée au bureau des interrogatoires. La torture était exercée par deux ou parfois par trois personnes, appelées avec les pseudonymes de « Chaft », « Chay Kbir », « Mounir ».

Le juge est à nouveau intervenu pour mettre l’accent sur sa relation avec la victime. Le témoin a alors affirmé qu’il ne connaissait pas la victime avant son arrestation mais que, le 4 septembre 1993, lors de la préparation de son transfert au tribunal d’Ariana, il a rencontré Rached Jaidane et Koussay El Jaibi, tous les deux dans un état de santé déplorable. Il a ajouté avoir été détenu plus tard avec la victime dans la même salle d’isolement, la ‘chambre 17’ de la prison civile du 9 avril, et que Jaidane avait une main cassée et des dents manquantes. Selon la victime, cela lui aurait été causé par Belhassen Benkilani.

Ensuite, la Cour est passé au témoignage de Hassan El Hosni qui, après avoir prêté serment, a déclaré de bien connaitre la victime et avoir entretenu avec elle une relation d’amitié. Son témoignage s’est donc focalisé sur le vécu de la famille de la victime durant la période de sa détention.

Au départ, la famille n’aurait pas été informée du lieu de détention de Jaidane. Pendant 6 mois, son père, se rendait quotidiennement au ministère de l’Intérieur pour connaître le sort de son fils sans obtenir aucune information. De plus, deux frères de la victime auraient été suspendus de leurs fonctions, un autre frère suivi continuellement par des agents de police et une voiture de police aurait été placée devant leur domicile. La victime Jaidane aurait aussi été empêchée d’assister aux funérailles de son père par main du département du Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD).

Après avoir entendu les deux témoins, le juge a informé les accusés qu’ils seraient entendus lors de la prochaine session. Le prévenu Belhassan El Kilani a demandé la parole pour préciser que pendant la période d’emprisonnement de Jaidane il ne travaillait pas au sein de la prison du 9 avril. Le Président de la session lui a alors demandé de présenter ses observations et preuves lors de la prochaine audience.

© 2021, Avocats Sans Frontières. Tous droits réservés. Webmaster: Média Animation asbl