Bruxelles, 25 novembre 2011 - Aujourd’hui, à l’occasion de la Journée Internationale pour l’Elimination de la Violence à l’égard des Femmes, Avocats Sans Frontières (ASF) appelle à multiplier les efforts visant à mettre un terme à la perpétration de ces actes et à l’impunité qui en découlent. ASF souligne le besoin d’adopter une approche globale pour faire face aux causes et conséquences de la violence envers les femmes.
Si la justice ne reconnait pas d’autres droits fondamentaux aux femmes, elles sont plus susceptibles d’être vulnérable aux violences. Comme le précise le Comité des Nations-Unies pour les droits économiques, sociaux et culturels (ECOSOC): « la violence basée sur le genre est une forme de discrimination qui empêche de jouir des droits et libertés, y compris les droits économiques, sociaux et culturels, sur une base d’égalité ».
Afin d’éliminer la violence à l’égard des femmes, ASF a lancé des activités dans de nombreux pays. Ainsi, en Ouganda, ASF contribue à la mise en place des mécanismes de droit adressant le lien entre le conflit foncier et la violence envers les femmes. Le Rapporteur spécial des Nations-Unies sur la violence contre les femmes énonce que « [l]e fossé qui sépare les hommes et les femmes en terme de propriété foncière et son control effectif est la cause directe de la différence de bien-être économique, de statut social, d’émancipation…. ». Les activités d’ASF soutenant le droit d’accès à la propriété des femmes veillent à ce que leur statut soit renforcé à la fois légalement et économiquement, les rendant ainsi moins vulnérables à la violence.
L’approche d’ASF relative à la prévention des violences basées sur le genre est constituée de plusieurs volets. Ceux-ci adressent ainsi les causes et conséquences de la violence envers les femmes et prônent une meilleure application de la législation. La loi ougandaise adoptée en mars 2010 et relative à la violence à l’égard des femmes stipule que les auteurs de violences domestiques sont passibles d’amendes et/ou d’emprisonnement. De plus, cette loi interdit le retrait des ressources économiques et financières auxquelles la victime a droit. Cependant, le texte attend toujours l’ordre ministériel le faisant entrer en vigueur. ASF soutient le développement des règles de droit visant à mettre cette loi en œuvre. ASF veut garantir qu’une aide juridique soit apportée aux femmes, leur permettant d’accéder à la justice via les tribunaux. ASF attire également l’attention des ougandais sur l’existence de cette loi ainsi que des droits de la femme en général. ASF offre une assistance juridique gratuite, particulièrement dans les zones isolées, bénéficiant à des milliers de personnes qui n’y avait pas accès auparavant.
De la même façon, ASF agit en République Démocratique du Congo. En procédant à la collecte des décisions de jurisprudence relatives à la violence sexuelle, elle renforce le plaidoyer pour la mise en œuvre de ces décisions et pour la création de mécanismes permanents de réparations aux victimes. En plus de proposer des consultations juridiques gratuites et la représentation des victimes devant les tribunaux locaux, ASF forme des avocats et du personnel judiciaire aux besoins des victimes de violence sexuelles.
La mission d’ASF est de contribuer à la réalisation d’une société juste et équitable où le droit est au service des groupes les plus vulnérables. La Déclaration des Nations-Unies de 1993 relative à l’élimination de la violence à l’égard des femmes appelle les Etats à faire preuve de diligence pour « prévenir, enquêter et … punir les actes de violence envers les femmes ». Par le biais de son travail visant à mettre en place des mécanismes légaux, ainsi que des institutions permettant l’accès à la justice et garantissant la protection effective des droits de l’Homme, ASF exprime son plus grand soutien à cette cause et à la lutte contre l’impunité des actes de violence à l’égard des femmes.
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