Urgence en RD Congo : protéger les défenseurs des droits humains

18 novembre 2014

Kinshasa, RD Congo, le 18 novembre 2014 – Appuyée par Avocats Sans Frontières (ASF), la société civile congolaise rappelle toute l’urgence de poursuivre les efforts entrepris, en collaboration avec les autorités nationales, pour renforcer les cadres législatifs de protection des défenseurs des droits humains (DDH) en RD Congo. Créé il y a un an, le Comité de suivi des stratégies nationales de protection des DDH a récemment présenté à Kinshasa son plan d’action en la matière.

Protéger les DDH en RD Congo reste un défi. Les risques et menaces associés à leur travail demeurent une réalité quotidienne pour nombre d’entre eux, dont Julien*, animateur au sein d’une association locale active dans le Nord Kivu. « J’ai dénoncé auprès de la MONUSCO des cas de viols et de violences sexuelles commis par un groupe armé », témoigne-t-il. « Suite à cela, j’ai été retenu prisonnier, puis libéré. Finalement, menacé de mort par le chef de ce groupe armé, j’ai dû fuir mon village. Entretemps, seule ma femme travaille pour nourrir ma famille ».

Dans l’attente de réponses étatiques efficaces, des membres de la société civile se sont engagés à contribuer à la protection de ces défenseurs des droits humains. Suite à une conférence [1] consacrée aux stratégies nationales de protection des DDH en RD Congo et impliquant l’ensemble des parties prenantes du secteur, un Comité de suivi a vu le jour début 2014. Ce Comité regroupant sept représentants de la société civile avait alors été mandaté pour suivre les priorités et recommandations identifiées dans le cadre de la conférence.

Depuis, ASF et d’autres partenaires internationaux fournissent un appui technique et financier au Comité. « Notre collaboration avec des acteurs congolais, régionaux et internationaux – comme ASF – est essentielle pour  réduire de façon drastique et pérenne les menaces sur les DDH », estime Maître Sylvain Lumu Mbaya, coordinateur du Comité. « Face à ce défi, nous proposons la révision et l’adoption de mesures législatives, comme la loi sur la protection des DDH. D’autre part, il faut mettre en place des cadres opérationnels efficaces tels qu’une Commission Nationale des Droits de l’Homme ».

Face à l’ampleur de la tâche du Comité de suivi, un appui politique, technique et financier des partenaires internationaux s’avérera crucial. Josselin Léon, Chef de mission d’ASF en RD Congo, rappelle que « cette initiative est celle de l’ensemble de la société civile congolaise et il est important de soutenir la stratégie qui en résulte à tous les niveaux afin de permettre sa mise en œuvre optimale et renforcée ».

L’objectif final est de permettre aux DDH de poursuivre leur travail essentiel de promotion et de protection des droits humains « car nous devons garder l’espoir que les choses vont changer », selon Julien*.

Depuis 2011, ASF soutient et protège des avocats et autres DDH en RD Congo ainsi qu’au Burundi, au Kenya, en Ouganda et au Rwanda. Ce projet est financé par l’Union européenne.

* prénom d’emprunt


[1] Les Stratégies nationales de protection des défenseurs des droits humains en RDC, Kinshasa, du 30 octobre au 1er novembre 2013, organisée par ASF et d’autres partenaires.

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