Tchad: la société civile se mobilise pour un meilleur accès à la justice

12 novembre 2014

N’Djamena (Tchad), le 12 novembre 2014 – La population tchadienne rencontre encore de nombreux obstacles pour accéder à la justice. Face à cette situation, des organisations de la société civile se mobilisent : elles sensibilisent les citoyens à leurs droits, leur proposent des conseils juridiques gratuits, une assistance devant les tribunaux, ou encore des services de médiation. Avocats Sans Frontières (ASF) soutient trois de ces organisations dans leurs efforts pour protéger les droits humains.

Malgré les réformes engagées ces dernières années sur le plan judiciaire et législatif, accéder à la justice demeure difficile pour de nombreux citoyens tchadiens, en particulier les femmes, les enfants, les personnes en détention et les habitants des zones rurales. Les règles coutumières restent très puissantes et le pays manque d’avocats. En effet, pour une population de plus de 12 millions d’habitants, le Tchad ne compte qu’une centaine d’avocats, dont la plupart travaille dans la capitale.

« Heureusement, la population peut compter sur le soutien d’organisations de la société civile (OSC) engagées dans la promotion et la protection des droits humains. Elles proposent des services d’aide juridique et d’assistance judiciaire, allant de l’information à l’assistance devant les tribunaux », explique Ben Kabagambe, Coordinateur de programme ASF au Tchad. Depuis quelques mois, ASF apporte un soutien technique et financier à trois de ces organisations : l’Association des Femmes Juristes du Tchad (AFJT), l’Association pour la Promotion des Libertés Fondamentales au Tchad (APLFT) et le Public Interest Law Center (PILC).

Ce soutien permettra de renforcer les services à la population, mais aussi aux OSC de mieux élaborer, mettre en œuvre et évaluer leurs projets, et de se coordonner entre elles. Me Delphine Djiraibé, avocate principale du PILC : « Ce partenariat nous aidera à réaliser deux actions qui nous tiennent particulièrement à cœur : la création d’un centre d’écoute, et la rédaction d’une étude sur comment amener les populations à participer à leur prise en charge judiciaire ».

La clinique juridique de Moissala (Sud du Tchad) © ASF

La clinique juridique de Moissala (Sud du Tchad)

« Les actions prévues contribueront à la réforme de la justice, à la promotion de la bonne gouvernance et de l’Etat de droit au Tchad. Et je constate avec plaisir que ce projet couvrira une très grande partie du territoire tchadien », confirme Pierre Houpikian, Conseiller et Chef de la Section politique de la Délégation de l’Union européenne au Tchad, lors de la cérémonie de lancement du projet à N’Djamena le mois dernier.

A cette occasion, Mahamat Abderaman, Secrétaire général adjoint du Ministère de la justice, a salué ASF et ses partenaires: « Cet atelier de lancement commun prouve votre volonté de travailler main dans la main, pour mieux échanger vos savoirs, vos réussites et vos difficultés ».

Pour Richard Allatan, Coordinateur du projet pour le compte de l’APLFT, le projet permettra « de rétablir la confiance de la population envers la justice, et de renforcer la collaboration entre les autorités et les acteurs judiciaires. »

D’une durée de deux ans, le projet d’ASF « Améliorer l’accès à la justice des personnes en situation de vulnérabilité au Tchad », est financé par l’Union européenne.

Photo de couverture : L’association des Femmes Juristes du Tchad est l’une des trois organisations bénéficiant du soutien d’ASF. Deuxième à partir de la droite : Ben Kabagambe, Coordinateur de programme ASF au Tchad © ASF

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