Oui, les réfugiés participent au développement

20 juin 2014

Bujumbura, Burundi, 20 juin 2014 – Les réfugiés contribuent-ils à la vie et au développement du pays qui les accueille ? Pour Avocats Sans Frontières (ASF), la réponse est oui. A l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés, ASF lance d’ailleurs une campagne de sensibilisation en ce sens au Burundi. Ce petit pays d’Afrique, qui accueille près de 50.000 réfugiés, regorge d’histoires formidables de solidarité et d’avenir.

« Ici, je suis en sécurité et libre », témoigne Numbe Chock Bin, réfugié congolais au Burundi. « J’ai ouvert une boulangerie dans le camp de réfugiés de Kamuvu et le pain que nous fabriquons bénéficie non seulement aux réfugiés mais aussi à tous les Burundais qui vivent dans les environs ».

Numbe Chock Bin est un des trois réfugiés congolais qui témoignent de leur parcours, depuis la fuite de leur pays d’origine marquée par des années de violence et de peur jusqu’à leur intégration dans la société burundaise.

Les personnes qui fuient leur pays pour trouver refuge dans un autre pays sont majoritairement vulnérables. Le plus souvent, elles ignorent leurs droits, connaissent mal les procédures pour demander un statut de réfugié, et sont parfois victimes d’abus ou de violences sexuelles.

« Or, les réfugiés ont non seulement des droits et des obligations. Ils peuvent aussi contribuer au développement de leur pays d’accueil », explique Axelle Nzitonda, coordinatrice de projet ASF au Burundi. « Pour cette journée mondiale, nous avons donc décidé de partager des histoires de vie qui démontrent la participation des réfugiés à la vie et au développement du Burundi. Nous saluons également la solidarité de ce pays dans l’accueil des réfugiés ». En effet, le Burundi est le seul pays de la région des Grands Lacs à avoir un organe chargé de traiter les questions d’asile.

Ces témoignages sont diffusés quotidiennement du 17 au 20 juin sous forme de spots à la télévision nationale burundaise dans le cadre du projet PIDDAR*. Débuté en décembre 2012, ce projet vise à renforcer les mesures de protection et d’assistance juridique pour les réfugiés et demandeurs d’asile et à promouvoir l’asile et la protection internationale des réfugiés au Burundi.

« Il y a des Burundais qui viennent dans ma boulangerie. Je leur apprends à faire du pain et c’est un avantage pour leur avenir », se réjouit Numbe Chock Bin.

Grâce au projet PIDDAR, 2.800 demandeurs d’asile et réfugiés ont déjà été  sensibilisés à leurs droits et plus de 2.600 ont bénéficié entre autres de conseils et d’aide juridique gratuits.

Ce projet d’ASF, financé par l’Union Européenne, vient en appui au Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR) et à l’Office National de Protection des Réfugiés et Apatrides, structure du Ministère de l’Intérieur chargée de la détermination du statut de réfugié.

Selon l’UNHCR, 51,2 millions de personnes – réfugiés, déplacés internes et apatrides – ont actuellement besoin de protection internationale suite aux violences et à l’insécurité dans leur pays.

*PIDDAR = acronyme pour « Protection Internationale et Droits des Demandeurs d’Asile et des Réfugiés ».

Découvrez comment un boulanger, un professeur et un étudiant réfugiés contribuent au développement du Burundi (vidéo).

Photo : Numbe Chock Bin, réfugié congolais au Burundi, a ouvert une boulangerie dans le camp de réfugiés de Kamuvu © ASF

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