Mieux protéger les demandeurs d’asile et réfugiés au Burundi

25 avril 2013

Bujumbura – Avocats Sans Frontières (ASF) vient de lancer un projet pour renforcer la protection internationale et l’exercice des droits humains des réfugiés et des demandeurs d’asile au Burundi. Grâce à ce projet intitulé PIDDAR*, plus de 7.000 personnes seront sensibilisées à leurs droits et bénéficieront entre autres d’une aide juridique gratuite.

De par sa situation géographique, le Burundi accueille depuis des décennies les personnes qui nécessitent une protection internationale. « C’est le seul pays de la région des Grands Lacs à avoir un organe chargé de traiter les questions d’asile », explique Katia Urteaga Villanueva, Chef de mission ASF au Burundi.  « Le Burundi a aussi ratifié toutes les conventions relatives aux réfugiés et dispose d’une loi sur l’asile et la protection des réfugiés depuis 2008 ».

Nathalie Yabidi, originaire de la RD Congo et réfugiée au Burundi depuis 2006 © ASF/Katia Urteaga Villanueva

Nathalie Yabidi, originaire de la RD Congo et réfugiée au Burundi depuis 2006 © ASF/Katia Urteaga Villanueva

Toutefois, dans la réalité, toutes les personnes pouvant faire une demande d’asile ne sont pas forcément au courant des procédures à suivre. Par ailleurs, des réfugiés reconnus sont parfois victimes de violence sexuelles et de violations manifestes de leurs droits.

C’est le cas Nathalie Yabidi, originaire de la RD Congo et réfugiée au Burundi depuis 2006 (cfr. photo). « Mon mari avait une maîtresse burundaise. Celle-ci me menaçait tous les jours, disant que je n’étais qu’une pauvre réfugiée, que je n’avais aucun droit au Burundi », témoigne-t-elle. « Un jour, mon mari m’a blessé. Je me suis enfuie de la maison. A la permanence juridique d’ASF, on a écouté mes problèmes, et puis, ils m’ont  accompagnée au poste de police pour porter plainte. Mon mari et sa concubine ont été convoqués pour répondre de leurs actes. Grâce à ce soutien, les menaces que je subissais ont cessé, et je sais que j’ai des droits en tant que réfugiée ».

Le cas de Nathalie illustre bien toute la nécessité d’améliorer l’accès à la justice aux demandeurs d’asile et aux réfugiés en leur offrant une aide juridique et judiciaire de qualité. « Notre mission est précisément de soutenir les personnes en besoin de protection internationale tant dans les camps de réfugiés qu’en dehors », précise Axelle Nzitonda, coordinatrice du projet PIDDAR. « Ainsi, les procédures d’asile doivent être accessibles, les conditions de détermination du statut de réfugié garanties, et les problèmes de droit rencontrés par les réfugiés pris en charge ».

Grâce à ce projet, réfugiés et demandeurs d’asile seront informés sur leurs droits et obligations ainsi que sur la procédure d’asile. Des services gratuits d’accueil, d’orientation et de conseils juridiques seront proposés. Les réfugiés et demandeurs d’asile victimes de violences sexuelles et d’autres violations de leurs droits seront assistés devant les juridictions. Enfin, des formations spécifiques seront organisées pour les autorités, différents corps de police, ainsi que la société civile et les médias.

D’une durée de trois ans, le projet est cofinancé par l’Union Européenne et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, par ailleurs partenaire dans la mise en œuvre. Les autres partenaires sont l’Office National pour la Protection des Réfugiés et des Apatrides, l’International Rescue Committee ainsi que d’autres organisations internationales.

*PIDDAR = acronyme pour « Protection Internationale et Droits des Demandeurs d’Asile et des Réfugiés ».

Photo du haut: Garçons congolais, réfugiés au Burundi © UNHCR / C.-L. Grayson

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