Tunisie: pour une meilleure défense des droits des travailleurs

25 février 2013

Tunis – Avocats Sans Frontières (ASF) lance son premier projet de défense des droits économiques et sociaux de groupes marginalisés en Tunisie. Malgré le « printemps arabe » de 2010-2011, les conditions de vie de ceux-ci restent difficiles. En partenariat avec le Forum Tunisien pour les Droits Economiques et Sociaux, ASF vise entre autres l’amélioration des conditions de travail dans les secteurs du textile et des mines.

Deux ans après le changement de régime, la Tunisie a encore du mal à répondre aux problèmes économiques et sociaux sur lesquels s’est fondé le mouvement de révolte qui mena au renversement de Ben Ali. Les personnes les plus vulnérables de la société tunisienne sont confrontées au chômage (18%), à un manque de transparence dans le processus de recrutement dans la fonction publique et à des conditions de travail précaires.

« Cette situation affecte directement les conditions de vie et le respect des droits des Tunisiens. Si rien n’est fait pour exprimer les frustrations et exclusions dans un cadre légal, la transition pacifique vers la démocratie serait  menacée », estime Solène Rougeaux, Chef de mission ASF à Tunis.

Monument aux martyrs, bassin minier de Redeyef © ASF/ S. Rougeaux

Monument aux martyrs, bassin minier de Redeyef © ASF/ S. Rougeaux

Pourtant, ces injustices ne sont pas inévitables. « Nous allons aider le Forum Tunisien pour les Droits Economiques et Sociaux (FTDES) à développer des actions de plaidoyer fondées sur une approche basée sur les droits humains, c’est-à-dire en mettant l’accent sur qui est responsable de quoi », précise Shira Stanton, Expert Droits Economiques et Sociaux d’ASF. « Ainsi, le FTDES fera pression sur les autorités pour s’assurer, par exemple, que les usines respectent le salaire minimum légal, cotisent à la sécurité sociale et assurent des conditions de travail sûres ».

Financé par l’Union européenne, le projet ASF est d’une durée de 18 mois. « Nous prévoyons des formations et un suivi sous forme de coaching pour les avocats, les militants des droits de l’homme et les salariés du FTDES », explique Hakima Ghorri, coordinatrice du projet. « Dans les régions ciblées, c’est-à-dire Monastir et la région du bassin minier de Gafsa, nous soutiendrons les organisations de la société civile actives à négocier et défendre collectivement les droits de groupes de personnes vulnérables ».

Quelques 1.500 personnes vulnérables devraient bénéficier du projet : ouvrières du secteur du textile, victimes de la corruption, travailleurs précaires, et jeunes au chômage et populations démunies.

«Sous le régime de Ben Ali, nous avons vécu trop longtemps sans avoir été entendus par les autorités responsables », témoigne Jihen Hmida, un représentant du FTDES à Redeyef. « Nous espérons qu’avec le soutien d’ASF, nous pourrons enfin faire respecter les droits économiques et sociaux les plus élémentaires de nos concitoyens».

Pour plus d’infos sur ASF en Tunisie

Photo du haut: bassin minier de Redeyef © ASF/ S. Rougeaux

Published in Droits économiques, sociaux et culturels | News | Tunisie

© 2017, Avocats Sans Frontières. Tous droits réservés. Webmaster: Média Animation asbl