Le Burundi sous pression internationale

5 février 2013

Genève – A l’initiative du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies, le Gouvernement burundais a présenté le bilan de la situation des droits de l’Homme au Burundi lors d’un Examen Périodique Universel. Lors de cette session à laquelle Avocats Sans Frontières (ASF) a contribué, plusieurs Etats membres des Nations Unies ont exprimé leurs inquiétudes sur des questions telles que l’impunité des auteurs de crimes politiques et d’exécutions extra-judiciaires, les menaces contre les journalistes et défenseurs des droits humains, l’absence de mécanismes de justice transitionnelle ou encore les discriminations à l’égard de la minorité Batwa.

Instauré par le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies, l’Examen Périodique Universel  (EPU) a comme objectif d’examiner, tous les quatre ans, la situation des droits de l’Homme de tous les pays membres de l’ONU. Ce processus  associe un grand nombre d’acteurs aussi bien étatiques que de la société civile nationale et internationale. Le résultat de chaque examen est un « document final » listant les recommandations dont l’Etat examiné devra justifier de la mise en œuvre lors du prochain Examen.

Economic and social rights of Batwa minorities are not respected

Les droits sociaux et économiques des minorités Batwa ne sont pas respectés © ASF/Shira Stanton

« L’accès à la justice reste un vrai défi pour les plus vulnérables, comme la minorité ethnique des Batwas dont les droits économiques et sociaux sont bafoués », constate Jean-Charles Paras, expert Droits civils et politiques d’ASF. « Un autre exemple concerne les milliers de personnes placées en toute illégalité en détention provisoire. 90 % d’entre elles n’ont pas la possibilité de faire valoir leurs droits parce qu’elles n’ont pas les moyens de bénéficier de l’aide d’un avocat. »

Forte de sa quinzaine d’années de présence permanente au Burundi, ASF avait contribué, en juillet 2012, à la préparation de la session consacrée au Burundi (L’accès à la justice, un droit essentiel pour garantir les autres droits humains au Burundi).

ASF a profité de cet EPU pour recommander l’installation de bureaux d’accueil dans chaque juridiction afin de mieux informer et orienter la population, la création d’un fonds pour financer une aide légale systématique et non discriminatoire, en priorité pour les détenus et les mineurs en conflit avec la loi. « Avec le soutien de la communauté internationale, l’Etat burundais doit s’engager davantage pour permettre à tous, sans discrimination, d’avoir enfin accès à la justice », a déclaré Jean-Charles Paras, qui représentait ASF à la séance d’« examen » le 24 janvier 2013.

Afin de renforcer ce droit d’accès à une justice de qualité pour les plus vulnérables, ASF a notamment initié, depuis 2010, une Stratégie Nationale d’Aide Légale qui rassemble la société civile, le Barreau national et, dans une certaine mesure, l’Etat.

« Malgré la dégradation des libertés publiques ces dernières années et l’absence de progrès notables en matière de droits économiques et sociaux, nous poursuivons notre travail sur le terrain. Les attentes exprimées par la population restent très fortes », conclut l’expert ASF.

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