Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté

17 octobre 2012

Rompre le cycle de la pauvreté et de l’injustice

Bruxelles, le 17 octobre 2012 – La pauvreté freine l’accès à la justice pour des millions de personnes vivant dans des pays en développement ou qui sortent de conflits. Pour Avocats Sans Frontière (ASF), les systèmes juridiques et judiciaires ne peuvent être un obstacle pour les personnes et les groupes vulnérables ; au contraire, l’usage du droit et l’accès à la justice représentent une opportunité pour ces derniers de lutter pour leurs droits et rompre ainsi le cycle de la pauvreté et de l’injustice.  

Les personnes vivant dans un état de pauvreté sont dans une situation où il leur est presque impossible de faire valoir les droits humains les plus élémentaires comme le droit à la santé, à l’éducation, à la nourriture, à l’eau et à l’hygiène, au logement et à un niveau de vie adéquat. Le manque de respect de ces droits est un des enjeux majeurs qui a conduit au Printemps arabe en Afrique du Nord et au Moyen Orient. Aujourd’hui, le défi dans ces pays, et ailleurs dans le monde, est d’assurer que la loi protège les personnes marginalisées, au lieu d’être un facteur d’oppression et d’injustice.

Pour construire une société démocratique basée sur l’état de droit, il est nécessaire de restaurer la confiance de la population à l’égard du système juridique. Les institutions étatiques seront plus crédibles et mieux à même de remplir leurs obligations en matière de droits de l’Homme si les personnes – plus particulièrement si elles sont vulnérables – constatent que la loi ne les oppresse pas mais est appliquée à toute la société sans distinction.

De la Tunisie au Népal, en passant par l’Ouganda ou encore le Burundi, les équipes d’ASF contribuent à ce défi. Elles viennent en aide aux personnes vulnérables vivant dans la pauvreté, les personnes en détention préventive, les délinquants juvéniles, les victimes de violence sexuelles et de crimes internationaux. En facilitant l’accès de ces personnes à la connaissance et aux instruments nécessaires pour défendre leurs droits, ASF les aide à prendre leur propre vie en main. ASF renforce également la capacité des organisations de la société civile, des barreaux et des services publics afin d’assurer l’accessibilité réelle d’informations, de conseils et de services d’aide juridique. Enfin, ASF milite activement en faveur de lois et de politiques nationales qui assurent un accès systématique à la justice.

Promouvoir le respect des droits de l’Homme et établir l’état de droit est un travail de longue haleine, qui demande du temps, des ressources et de la volonté politique. La crise financière et économique ne devrait pas inciter les Etats et les bailleurs de fonds à diminuer leurs engagements dans le secteur de la justice, plus particulièrement dans les pays du Sud. S’ils le font, les personnes vulnérables verront leur chance de réaliser leurs droits décroître proportionnellement à ce désengagement en matière de soutien à l’accès à la justice. Ceci pourrait également aggraver les conséquences de la crise pour ces populations.

L’accès à la justice n’est pas une simple obligation liée au respect du droit à un procès équitable; soutenir la concrétisation des droits humains élémentaires, que cela concerne la santé, l’éducation ou le niveau de vie, est aussi une opportunité de créer et promouvoir la réduction de la pauvreté et de l’insécurité.

Photo de couverture: © Indra Van Gisbergen

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